Réduire l’usage des fongicides dans la lutte contre la septoriose du blé

Longtemps, les fongicides ont constitué la solution pour empêcher la propagation de la septoriose. Leur efficacité est parfois compromise par l’apparition de souches résistantes à ces leviers chimiques. Quelles sont les bonnes pratiques à envisager dans ce contexte ?

traitement sans fongicides septoriose ble

Longtemps, les fongicides ont constitué la solution pour empêcher la propagation de la septoriose. Leur efficacité est désormais compromise par l’apparition, depuis quelques années, de souches d’agents pathogènes résistantes à ces leviers chimiques. Endiguer les contaminations de Septoria tritici est possible mais requiert la mise en œuvre de différentes solutions. Le choix d’une variété tolérante à la septoriose peut diminuer la pression parasitaire, donc la nuisibilité. Cependant, l’efficacité n’est que partielle. La variété résistante à toutes les maladies n’existe pas ! Diversifier les modes d’action et les substances actives est certainement l’une des façons les plus sûres de ralentir la sélection de souches de septoriose résistantes. Dans ce cadre, il est donc recommandé d’associer des molécules encore efficaces sur cette maladie tout en se limitant à une seule application de SDHI (bixafen, fluxapyroxad, penthiopyrade) par campagne.

Tous les fongicides sont-ils bons pour éradiquer la septoriose du blé?

Tout est-il bon pour éradiquer la septoriose ? Non. Quatre grandes familles de fongicides sont actuellement autorisées, les QoI (dont les strobilurines), les IDM (dont les triazoles), les chloronitriles (dont le chlorothalonil) et les SDHI. Mais toutes les substances actives rencontrent des résistances. Ce fut d’abord le cas des strobilurines. Mais depuis les années 1990, on observe également une dérive de la sensibilité de la septoriose aux triazoles

Des solutions classiques restent efficaces. Citons une combinaison triazoles + chlorothalonil en T1 (stade 1-2 nœuds du blé) ou encore triazole + SDHI en T2 (stade dernière feuille étalée du blé). Toutefois, de nouvelles solutions sont disponibles. Elles s’insèrent parfaitement dans la lutte contre la septoriose en association avec un triazole et/ou du chlorothalonil.

 

Résistance de la septoriose aux strobilurines 

Les premières souches de septoriose résistantes aux strobilurines ont été identifiées en Irlande en 2001, puis en 2002 en Grande-Bretagne, en France et en Belgique. Très vite, les molécules de cette famille, pourtant toutes récentes, ont perdu leur efficacité contre la septoriose. Le phénomène s’est d’abord déclaré dans le Nord de la France. En l’espace de quelques années, il s’est étendu à l’ensemble du territoire français. Si la résistance aux strobilurines s’est ancrée de façon aussi brutale et aussi rapide, c’est à cause d’une mutation qui s’est produite dans l’ADN du champignon.

 

Une dérive de la sensibilité aux triazoles 

L’évolution de la sensibilité de la septoriose aux fongicides de la famille des triazoles est plus complexe, plus progressive. Les études montrent que la moindre sensibilité aux triazoles, des souches de septoriose, s’explique par plusieurs mutations et même parfois, par une combinaison de mutations. Il est donc indispensable d’alterner dans les programmes, avec les molécules appartenant à cette famille pour éviter la généralisation de ces résistances.

 

Le chlorothalonil offre un spectre d'action plus large contre la septoriose

Contrairement à la plupart des autres fongicides, le chlorothalonil offre un spectre d’action plus large. Il agit sur plusieurs sites du champignon. On dit qu’il est doté d’un mode d’action « multisite ». Il reste très efficace contre la septoriose malgré une utilisation de plusieurs décennies dans la protection du blé. Le chlorothalonil peut donc s’avérer un partenaire très intéressant pour limiter le développement des souches résistantes aux autres fongicides.


Dans la lutte contre la septoriose du blé, l’emploi de bonnes pratiques permettent de limiter l’utilisation de fongicides. La prévention reste le meilleur moyen pour gérer le risque d’apparition de cette maladie. La rotation, la variété retenue et l’optimisation de la nutrition sont autant de moyens de bonnes pratiques à mettre en place. Pour plus d’informations, contactez-nous !

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